On dit que l'amour rend aveugle. J'ai bien compris, mais je ne crois pas que ce soit vraiment au sens auquel on l'entend. D'accord, l'amour rend aveugle, l'être aimé est toujours idolâtré. On pense que c'est le plus beau, le plus fort, le plus intelligent, et puis quand vient le jour de la rupture il devient soudain plus... insignifiant ! Mais surtout, l'amour nous ferme les yeux sur nos angoisses de mort. J'ai constaté que c'est seulement les jours où j'ai de l'amour à donner, un c½ur avec qui partager, que j'oublie mes idées de mort. (désolé, c'est un thème récurrent chez moi, cette peur de la mort...)
L'amour (pour mon cas personnel, je dirai plutôt l'amour-illusion) me fait oublier que je suis mortelle, et me permet d'échapper un peu à ces pulsions. Je me sens un peu comme au paroxysme de la vie, plus rien ne m'atteint, je me sens flotter dans un état de bonheur où tout me réussit, personne ne me résiste, je suis capable de tout. Et c'est quand tout s'effondre, quand plus personne ne m'aime, quand je quitte son lit un matin en sachant que je ne reposerai jamais ma tête sur son oreiller, c'est là que je sens la mort revenir à moi. C'est un froid intense qui me traverse, les yeux secs bien entendu, je regarde la mort et la salue. Nouvelle compagne de mes journées mornes et solitaires. Que l'on est triste lorsque l'on n'a personne à aduler ! Je cherche partout, je cherche un petit bout, un sourire sur lequel me fixer. Mais cela est purement intéressé, juste pour combler un vide. Je ne cherche pas à me sentir aimée, je cherche juste à me sentir aimer. L'un n'implique pas l'autre et c'est dommage.
Mon c½ur est éteint, mais pour combien de temps ? Je recherche juste quelqu'un à aimer pour faire fuir mes angoisses et ces démons qui m'obsèdent tant.
Est-ce que cela veut dire que je n'ai que de faux sentiments ?
« Et puis se bander les yeux, toujours se bander les yeux pour être heureux... »